19/05/2005

Sacré Alain......

«Les politiciens ne devraient plus dormir!»
P.P.

Trois regards d'économistes, une vue largement pessimiste.
Le gouvernement wallon a promis des plans transversaux. Il faudra être très attentif à cette transversalité...

Toujours à la traîne ou plutôt en rebond? Dans le débat récurrent sur l'état de la Wallonie, voici trois économistes qui nourrissent la veine pessimiste. Ils en ont débattu, mardi soir à Bruxelles, à l'invitation de la Société royale d'Economie politique. Au fait, a lancé l'un d'eux, Pierre Pestieau (ULG et UCL), «pourquoi existe-t-il un tel désamour entre les économistes et la Wallonie?». Une question piquante face à un tel auditoire, et peut-être moins anecdotique qu'il n'y paraît... Passons.

Michel Mignolet (Facultés de Namur) revient avec les chiffres de PIB. Même s'il reconnaît le concept «hybride» (et même si la pertinence du critère s'est fait éreinter par des confrères lors du «débat Destexhe»). Mais il ajoute des données plus rares, sur «les performances productives insuffisantes en Wallonie». Ainsi, le taux de rendement brut du capital privé est de 14,6pc en Wallonie contre 17,5 en Flandre; on produit moins en Wallonie qu'en Flandre à mêmes volumes de capital et de travail (problèmes de tailles, de concentration, d'efficacité...); et si on voulait aligner les salaires sur le même rendement de capital, le différentiel actuel entre salaires wallons et flamands (-4pc en moyenne) s'accentuerait.

Francorchamps, baliverne

Certes, rappelle Henri Capron (ULB), la Wallonie n'est pas la seule région en déclin; et il est naturel que le redéploiement soit plus difficile dans les régions de tradition industrielle que dans celles en retard de développement. Mais c'est en Wallonie (... et à Bruxelles) que le taux d'emploi est le plus faible d'un échantillon franco-britannique ou que le chômage des jeunes est le plus lourd; c'est en Wallonie que la dualisation de l'enseignement est singulière ou que les grands pôles (Liège et Charleroi) s'inscrivent à un faible niveau de richesse par habitant (alors que les métropoles se situent généralement au-dessus des moyennes de leurs régions).

M. Pestieau préfère les indicateurs de bien-être à ceux de production. Or, qu'il s'agisse de chômage, pauvreté, inégalités, santé... la Région se ramasse:

«En termes d'exclusion sociale, ce que nous connaissons en Wallonie relève du scandale. Plutôt que de s'occuper de balivernes comme Francorchamps, les politiques de tous les partis ne devraient plus dormir, à voir la pauvreté persistante dans certaines agglomérations ou les taux de chômage à 20pc».

Il a fallu attendre 1999 et le contrat d'avenir «pour commencer à penser de manière stratégique», enchaîne M. Capron, pour qui il faudra être «très attentifs» à la transversalité annoncée des «plans stratégiques» promis par l'actuel gouvernement wallon.

Comment améliorer les performances? En renforçant, dit-il, les facteurs actifs de croissance (innovation, emploi, éducation); en renforçant les partenariats publics-privés; en luttant contre «la maladie wallonne de la subsidiologie»... Et par une évaluation systématique, ajoute M. Mignolet, des politiques de recherche et développement, des dépenses d'infrastructures publiques, du soutien à l'emploi et l'investissement privé. Un entrepreneur intervient: «Les faits m'intéressent plus que les chiffres. Concrètement, que faire pour motiver les travailleurs wallons?».

 

La Libre Belgique. 19/05/2005.


09:44 Écrit par Ced | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Ouf! j'avais cru lire "les politiciens ne devraient plus mourir"
;-)

Écrit par : Tony | 20/05/2005

reouf heureusement non.....

Écrit par : Ced | 21/05/2005

le taux de chômage à 20pc... n'est pas le résultat d'une défaite mais justement l'accomplissement de la politique désastreuse socilialiste.

la maladie wallonne de la subsidiologie...l'obsession de la taxe, quoi!

Écrit par : Tony | 23/05/2005

et ça continue.... D'accord avec toi. ( cela dit il n'y a pas que les taxes)
Malheureusement tant que le chomage ne baissera pas, le PS aura toujours son fond de commerce.... Cercle vicieux.....

Écrit par : Ced | 27/05/2005

Emplois: une exclusivité libérale? "tant que le chomage ne baissera pas, le Ps aura toujours son fond de commerce...cercle vicieux.."

par cette phrase, tu présupose que le PS profite consciement du chomage et que c'est une volonté manifeste de ses dirigants de s'opposer à toutes politique de création d'emplois. La baisse du chomage est une de leur priorité consignée dans leur programme de 2003,et c'est mentioné dans les accords de gouvernements regionaux et fédéral qu'ils ont cosigné respectivement avec le cdh et la droite francophone et néérlandophone.

Prétendre, comme tu le fais, qu' "ils ne veulent pas lutter contre le chomage, qu'ils ne souhaitent pas créer d'emploi pour s'assurer de leur fond de commerce electoral" , c'est tomber dans le procés d'intention nauséabonde et franchir la frontiére de la démagogie!!

Lutter contre le chomage est une priorité de tous. Favoriser la création d'emploi est evidement le moyen le plus efficace pour y parvenir, ça ,personne le conteste (comment pourrait on d'ailleur). Reste que la fiscalité est UN DES moyens pour favoriser l'emploi, mais pas le seule (le PS n'exclus pas la baisse d'impot mais marque une préférence pour des solutions alternatives, bref il tient une politique de gauche dans ce domaine afin de rester en phase avec sa base ideologique) . A titre personnel, je trouve (mais c'est perso, je pense que ça merite débat entre nous) que miser sur le postulat qu'une diminussion de l'impot sur les entreprises augmentera sa force productive (par des investissement strucurels dans l'outil de production par exemple)et par conséquent sa demande de main d'oeuvre de façons à créer une augmentation de l'offre d'emploi, est un pari naif et utopique (je dis pas ça pejorativement, c'est pas une attaque directe hein);-)). Ce raisonement est scolaire (au sens premier du mot, c-a-d théorique) car il n'est , à mon sens (toujours), pas du tout acquis(loin de là même)que l'economie realisé par la baisse d'imposition sera réinvestit et aura un effet direct sur le marché de l'emploi. Ma préférence va plutot à des subvention publice à l'embauche, des plans de réinsertion social (Roseta est une bonne architécture, j'insiste sur architécture), des prime d'incitation à l'embauche (euh j'ai deja dit ça je pense), etc etc....

Reste que le débat sur la fiscalité doit avoir lieu mais je n'y suis à priori pas favorable. Je suis crevé je v prendre mon bain.

J'espere que mon intervention sucitera un débat constructif entre nous et qu'on ne tombera pas dans moultes provocation.Je respecte des opinions et tes ideaux jste que... parfois...on différe (je prend mes precautions par rapport à ce qui se passe parfois sur des forum voisin avec certains de nos coequipier antisocialo ;-) ) J'essaye de convaincre personne, je donne juste un avis donc pas la peine de tomber dans une aggressivité iseologique pouvant nuir à la qualité du débat:-)

Sur ce, à bientot

Amitié

DEKO

Écrit par : Deko | 22/06/2005

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